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Olivier Audras, membre de la Fredon, est intervenu auprès d’une vingtaine de professionnels de l’environnement, dans le pays de Fougères.

Jussie, renouée du Japon, herbe de la pampa : des plantes invasives sont arrivées en Bretagne et posent des problèmes grandissants car elles affectent l’écologie, l’économie et la santé. La Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles de Bretagne (Fredon) part en campagne contre quatre nouveaux fléaux.

Olivier Audras, son chargé de mission, travaille à la demande de l’Agence régionale de santé pour contrer plus particulièrement quatre plantes, encore peu présentes en Bretagne mais qui vont arriver. Il est récemment intervenu auprès d’une vingtaine de professionnels de l’environnement : agents d’entretien, jardiniers, techniciens de bassins-versants, dans les locaux de Couesnon-Marches de Bretagne, pour les informer.

Grande berce_du_Caucase (©Obac-Wikicommons)

 

Mais la prévention concerne tout le monde, y compris le citoyen jardinier… « Pour la collectivité les coûts de traitement des espèces invasives, des plantes aux frelons asiatiques, vont exploser. J’ai fait le calcul : ramené à la moyenne nationale, le coût social des allergies, dans le pays de Fougères, coûterait déjà 33 M € d’euros à la société… Un euro dépensé dans la prévention évitera dix euros de dépense dans le curatif » avertit Henri-Pierre Rouault, chargé de mission environnement à Couesnon-Marches-de-Bretagne.
Lire aussi : Frelons asiatiques : « Il ne faut pas les piéger au printemps » alerte cet apiculteur breton

 

DATURA_STRAMONIUM (©Wiki commons)

Olivier Audras, quel est le problème avec les plantes invasives ?

« Le constat, d’abord. Nous sommes face à des espèces nouvelles venues, arrivées chez nous de manière fortuite et indésirée. Ces espèces exotiques, envahissantes, ont une très forte capacité de colonisation, comme la berce du Caucase. Aujourd’hui nous sommes de plus en plus nombreux à être confrontés à ces espèces ».

D’où viennent-elles ?

« Elles se sont introduites de façon volontaire dans nos jardins, car elles sont jolies, colorées. Puis elles se sont propagées dans le milieu naturel. Il y a eu aussi une introduction involontaire avec d’autres graines comme le maïs et le blé, etc. qui se sont répandues dans l’écosystème. »

Raisin d’amérique (©Daniel Jolivet)

Quelles en sont les conséquences ?

« Il y a trois formes d’impact : environnemental, économique car le traitement de ces plantes va coûter cher à la collectivité, et sur la santé humaine. L’Agence régionale de santé m’a demandé d’étudier l’arrivée de quatre plantes, pour lesquelles nous sommes encore sous le seuil d’alerte en Bretagne mais qui risquent d’arriver bientôt chez nous : l’ambroisie à feuille d’armoise, la datura stramoine, le raisin d’Amérique et la berce du Caucase. Datura et raisin d’Amérique sont toxiques à l’ingestion.

« La berce peut causer de graves brûlures si on la touche sans se protéger. C’est aussi une plante grande consommatrice d’eau ».

« L’ambroisie à feuille d’armoise disperse des pollens allergisants très puissants, peut provoquer des urticaires, des conjonctivites, de l’asthme même chez les personnes non asthmatiques. En Auvergne-Rhône Alpes où elle est très présente, on estime que le traitement de l’armoisie coûte 40 M € par an à la société… »

Ambroisie. (©Fredon Bretagne)

 

Comment peut-on agir ?

« Des mesures préventives sont applicables par tout le monde, y compris les jardiniers amateurs. La première étape est de travailler sur la connaissance de la plante, en diffusant le maximum d’information. Des fiches descriptives réalisées avec l’ARS sont disponibles sur le site de la Fredon ou auprès des collectivités locales ».

« Ces quatre plantes sont des plantes émergentes chez nous mais leurs foyers sont encore dénombrables. Sur le territoire de Couesnon-Marches de Bretagne, par exemple, il y a une dizaine de foyers de berce du Caucase. Nous visons leur éradication. »

Fredon Bretagne : tel 02 23 21 18 18.