LANGAN en 1911: C’est 558 habitants dont 449 qui vivent dans les hameaux, Une écrasante majorité a son activité liée à l’agriculture. Très peu suivent une scolarité au-delà de 12 ans.

La guerre 1914-1918 à Langan, c’est: 213 combattants recensés à Langan dont : 133 étant nés à Langan, les autres sont nés ailleurs. Étaient au front en 1914 = 141 ; en 1915 = 163 ; en 1917 = 134 ; en 1918 = 118. Ils étaient répartis dans différentes unités : Cavaliers : 6 ; artilleurs : 42 ; chasseurs : 6 ; infanterie : 93 ; territoriaux : 37 ; coloniaux : 13 ; zouaves : 6 ; tirailleurs : 4 ; génie : 6 ; train des équipages : 16 ; infirmiers : 9 ; marine : 3 ; aviateurs : 4.

Ils ont quasiment tous vécu l’enfer dans les tranchées. Les permissions étaient peu nombreuses, et ils étaient ballotés de régiment en régiment au gré des combats.

30 sont morts pour la France et figurent sur le monument de Langan. Cependant, seuls 17 ont une sépulture dans une nécropole et 13 n’ont pas de sépulture.

Au moins 30 ont fait l’objet de citations pour bravoure. Beaucoup ont été décorés de la croix de guerre ou de la médaille militaire. Certains ont des postures de héros, par exemple, M TREVIN, l’instituteur, Jules BESNARD, Félix HAMONIAUX, François BODIOU, Louis POULAIN,  Joseph PINAULT, Jean HOUITTE ou Pierre FOUREL et bien d’autres. 

Certains autres ont été blessés (50): Souvent par des éclats d’obus ou des balles de mitrailleuses qui fauchaient indistinctement. Ils séjournaient dans des hôpitaux de fortune. Une blessure au ventre valait une mort certaine car c’était trop long et compliqué d’intervenir. Peu ont obtenu des pensions.

Les maladies étaient nombreuses : Phlébite, lumbago, hernies, plaies superficielles aux membres inférieurs ou supérieurs, problèmes gastriques, typhoïde, dysenterie, intoxication alimentaire, grippe, bronchites, emphysèmes ou insuffisances respiratoires, tuberculose, sinusites, ulcère       s des jambes, varices, éventrations, arthrite, invasion de poux, problèmes psychiques, délires, méningites tuberculeuses, vertiges, intoxications par les gaz, …Aucun n’en est ressorti indemne.

Les prisonniers de Guerre (18) : Ils ont subi de longues brimades, parfois sans aucun moyen de subsistance surtout au début. Le suivi par la croix rouge était difficile. Ils étaient considérés souvent comme ayant fui l’ennemi et n’ont été reconnus ou réhabilités qu’en 1921.

Les familles les plus éprouvées sont: Les AGAESSE du Pré Besnard qui ont eu cinq garçons à la guerre ; les LEFEUVRE de La Rouaudière qui ont eu trois garçons morts pour la France ; les GEFFROY de La Lande qui eurent quatre garçons à la guerre dont deux morts pour la France et un gravement blessé ; les JULIEN du Bas Verger qui ont eu deux garçons morts à la guerre, les DENAIS de La Fontaine qui ont eu 2 garçons à la guerre dont un mort et un amputé ; les MASSOT du bourg de Langan, (fils du maire François), qui ont eu trois garçons, dont un est mort et un autre gazé.

La vie à Langan :LANGAN a reçu 16 réfugiés Belges en 1914. En 1915, des prisonniers Allemands sont même venus aider aux moissons. L’organisation des travaux journaliers a été très perturbée du fait du départ des soldats. Les femmes et les anciens, aussi les enfants, ont dû pallier à ce vide soudain. Les mères devaient faire face aussi aux questions des enfants, vivre la peur au ventre de voir arriver le maire, le facteur ou les gendarmes pour annoncer une mauvaise nouvelle. Il fallait aussi assurer la subsistance de tous car le coût de la vie a beaucoup augmenté en quatre ans.

Lorsque l’on consulte l’état civil de ces années là, on enregistre une forte baisse des naissances et des mariages. C’est aussi à Langan environ 50 personnes qui sont en situation de précarité extrême et bénéficient du bureau de bienfaisance tout au long de la guerre.

En 1918, à Langan c’est l’armistice : À 10h15 le 11/11/18, Le préfet d’Ille et vilaine adresse un télégramme au maire de Langan : « Armistice signé, hostilités suspendues à midi, pavoiser et sonner les cloches ». Aussitôt, dans le village, c’est l’allégresse, tout le monde s’empresse, enfin. Les douleurs, les privations, l’espace d’un instant sont mises en second. D’où que l’on se tourne, on entend les cloches sonner.

Le retour : Seuls 52 sont revenus habiter à Langan. Les autres sont, soit morts, soit s’établissent ailleurs. Il y a eu quelques enfants pupilles de la nation et des familles et des veuves qui n’ont pu faire leur deuil, aucun corps n’ayant été rapatrié à Langan. Il n’y a plus que 502 habitants au recensement de1921. Ce nombre va décliner lentement jusqu’en 1975 avec 404 habitants pour remonter aujourd’hui à 1000 habitants.

En 1921, le conseil municipal et son maire, François MASSOT ont organisé une souscription pour la construction du monument aux morts près de l’église. Un banquet fut organisé pour l’occasion par la municipalité. Depuis, chaque année, Langan commémore l’armistice en présence de la municipalité, des anciens combattants et de la population. C’est une obligation légale depuis une loi de 1921.

Le dernier ancien combattant 1914-1918 de LANGAN était André CUTTE (classe1918), il est décédé en 1985 à Rennes mais habitait toujours Langan.

N’oublions pas nos anciens qui ont vécu une bien triste et difficile époque.

JeanRené Denoual.